Vol 40 - Test en vol, Transports Canada (3)
Comme prévu, j’ai passé ce matin mon test en vol avec l’instructrice accréditée par Transports Canada chez Cargair (Louise Gagnon). Sans tarder, je vous annonce que j’ai réussi, haut la main, la partie orale au sol et la partie pratique en vol. Une belle note de 84% soit 10% de mieux que lors de mon prétest du 26 août dernier.
Voici en détail mon aventure.
Je suis arrivée 30 minutes en retard chez Cargair (rien pour me calmer), car j’ai dû finaliser ma préparation pour le vol dès mon réveil à 6h ce matin et il y avait tellement de choses à finaliser (navigation, calculs de masse et centrage, météo, NOTAM, etc.). Puis juste avant de partir une dernière impression des derniers METAR et TAF de 12h zulu (8h locale), histoire d’avoir ce qui était de plus frais possible sous la main à mon arrivée.
J’ai ensuite rencontré Louise Gagnon vers 8h30, avec qui j’ai discuté au sol de ma planification de vol. On a d’abord regardé ma navigation, sur mes cartes les routes tracées et tous les points de compte rendu identifiés. En parallèle, ma feuille de navigation, avec mes calculs de cap et dérive, mes estimés de temps et de carburant pour chacune des escales. Notre itinéraire: Mascouche, Lachute, Québec et retour à Mascouche. En tout un vol voyage de 289 milles nautiques, parcourus en 1h37 de vol, excluant les escales.
À l’aide du manuel de l’avion (POH), j’ai expliqué mes calculs de performances au décollage et à l’atterrissage pour toutes les escales. Heureusement, aujourd’hui les conditions météo étaient presque conformes à l’atmosphère type, soit température 16°C et pression 29,89 po. Hg, donc je n’avais pas à tenir compte de l’altitude densité dans mes calculs. On a regardé ensuite mes calculs de masse-centrage avec des questions pièges sur le comportement de l’avion lorsque le centre de gravité se trouve en dehors de l’enveloppe, soit en avant ou en arrière. Une chance que j’avais relu mes livres à ce sujet en fin de semaine.
On a ensuite regardé les documents obligatoires de l’avion (certificat d’immatriculation, certificat de navigabilité, assurances, carnet technique de l’avion, manuel d’opérations (POH), registre de masse-centrage et procédures d’interception. Il y avait en plus, ici et là, quelques questions plus pointues relatives à un document en particulier. Pour terminer, quelques questions sur les systèmes (pitot, statique, gyroscopique, hydraulique) et sur les procédures d’urgences (feu moteur en vol et crevaison au décollage).
Pour cette partie au sol, j’ai eu une note parfaite... mais ça, je l’ai sû seulement au retour. Comme ça s’est bien déroulé, il y a eu une petite pause avant la partie pratique, car mon avion était encore en vol vers 9h30. Il est finalement arrivé vers 10h et je suis alors sorti pour faire l’inspection prévol. L’instructrice m’a laissé faire ça en solo, j’imagine qu’elle jetait un coup d’oeil de temps à autre, car sa fenêtre donne sur le parking de Cargair. Tout était conforme, je suis rentré pour la prévenir que j’étais prêt pour le vol.
Ma nervosité matinale s’est alors dissipée. Je suis monté à bord confiant de pouvoir réussir (merci Philippe). J’ai bien expliqué les consignes d’usage à Louise (utilisation des ceintures et des portières, de l’extincteur, l’emplacement du ELT et des petits sacs de secours sans oublier l’interdiction de fumer). J’ai bien suivi mes checklist pour les procédures de démarrage, de roulage au sol et pour le point fixe et le check avant décollage. Puis Louise m’a demandé de faire un décollage terrain court. Ici j’ai eu 3 sur 4, car j’ai pas fait un arrêt assez long après la mise en puissance. Le léger vent traversier (de la gauche) ne m’a pas dérangé. Je suis monté dans l’axe à Vx (59 Kt) jusqu’à 300 pieds sol puis j’ai abaissé le nez de l’avion pour augmenter la vitesse à Vy (73 Kt). J’ai suivi la route que j’avais planifiée, en direction de Joliette à 1,800 pieds. Dès que l’avion a été stabilisé en palier, j’ai ajusté le compas directionnel sur la boussole. J’en ai profité pour inscrire l’heure de décollage que j’ai estimée, car j’avais oublié de regarder ma montre en quittant le sol. On était à deux minutes de vol au plus.
On a passé le premier point de repère et j’ai noté l’heure de passage. Les conditions étaient belles, sans aucune turbulence alors aucun problème pour maintenir l’altitude. Avant le second point de repère, soit à la verticale de Joliette, Louise m’a demandé de faire un atterrissage de précaution, en simulant un malaise. J’ai donc sorti mon CFS pour vérifier les informations importantes pour me poser d’urgence à Joliette. En survolant l’aérodrome pour identifier la piste en usage, je suis arrivé à la conclusion que la «un cinq» serait mieux orientée par rapport aux vents. Alors, j’ai exécuté une approche régulière sur cette piste. On a seulement fait un posé-décollé pour ensuite se diriger vers la zone d’entraînement. Un bel atterrissage, bien centré et en douceur.
C’est alors que j’ai enfilé des lunettes spéciales, pour simuler des conditions de vol aux instruments. Je me suis très bien débrouillé à ce chapitre et ensuite Louise a mis l’avion dans une attitude inhabituelle (une vrille) et j’ai dû le ramener dans une assiette normale. Ici une petite erreur, car je n’ai pas complètement fermé les gaz lors de la reprise des commandes. La récupération a pourtant été efficace, mais l’instructrice à juger que la procédure était déficiente.
J’ai retiré mes lunettes, de retour en vol VFR avec des exercices de décrochage avec et sans puissance. Ensuite un peu de vol lent et des virages à grande inclinaison. Aucun problème à ce niveau, mais seulement un manque de souplesse au moment de récupérer de premier décrochage. Ça m’a couté quelques points.
C’est après ça que la panne moteur est survenue, lorsque Louise a coupé les gaz. J’ai tout de suite réagit en mettant le réchauffage du carburateur à ON tout en ajustant le trim pour amener l’avion à sa meilleure vitesse de plané (65 Kt) tout en essayant d’identifier un champ favorable pour se poser. Heureusement, il y en avait plein et j’ai expliqué à l’instructrice mes intentions. Ensuite j’ai simulé une remise des gaz, infructueuse et j’ai donc dû sécuriser le moteur en fermant la commande du mélange, le sélecteur de carburant puis les magnétos. J’ai ensuite expliqué la situation à ma passagère pour la rassurer et l’informer des procédures de sécurité. J’ai lancé mon message MAYDAY sur la fréquence 121,5 Mhz tout en ajustant le code transpondeur à 7700. J’ai fait une approche sans problème avec une bonne marge de manoeuvre pour me poser. Une petite glissade en finale, pleins volets, juste avant de déverrouiller les portières et de fermer le Master Switch. Louise m’a ensuite demandé de remettre les gaz et de remonter à 1,000 pieds pour un déroutement vers le lac Agile.
J’ai de nouveau sorti mon CFS pour consulter les informations relatives à cet aérodrome. Comme j’y étais allé plusieurs fois avec Loïc, je savais précisément vers quelle direction me diriger. À l’aide de ma carte de navigation, j’ai estimé la distance à parcourir (10 nm) et la route à suivre, en tenant compte des obstacles. On devrait être là dans 6 minutes si on vole à 100 Kt, je lui ai dit. Puis j’ai simulé de prévenir la FSS de notre déroutement et leur donner un estimé de notre nouvelle heure d’arrivée.
Au lac Agile, Louise m’a demandé de faire une approche de précaution. La piste «deux un» était en usage et comme le circuit se fait à droite sur cette piste je suis rentré du côté inactif à l’altitude du circuit. On a fait une passe parallèle à la droite de la piste à 500 pieds avant de remonter et refaire un circuit pour simuler un atterrissage. J’ai fait une seconde approche, mieux contrôlée que la première (en prenant plus d’écart), puis une autre remise des gaz à basse altitude en remontant jusqu’a 1,100 pieds.
On est ensuite rentré à Mascouche. La piste «deux neuf» était encore en usage. On est passé à la verticale des installations pour tourner à la mi-vent arrière. J’ai fait une approche normale dans un premier temps. Ici je me suis encore fait prendre par les vents et je suis arrivée trop à droite de l’axe de piste en tournant final. Quelques points de perdus ici encore... J’ai posé pas si mal, mais j’ai déjà fait mieux. Je suis remonté pour un second tour, en planifiant cette fois un atterrissage terrain mou. Meilleur contrôle de mon circuit et de ma vitesse sur ce second exercice, j’ai posé sur l’axe avec un seul petit rebond. Pas encore parfait malheureusement.
Loïc s’est joint à nous pour l’analyse de mes performances au retour. Louise était très contente de moi (Loïc encore plus je crois), un très bon vol à part quelques petits bémols, qu’elle m’a bien expliqués. Ouf, quel soulagement, je vais pouvoir me concentrer sur ma préparation à l’examen écrit.
Il ne me manque plus qu’une aile sur le dos. Je devrais l’acquérir d’ici le mois de novembre. Je n’arrive pas à y croire, j’y suis arrivé...
WOW!
Posté le lundi 14 septembre 2009
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