Vols 24 et 25 - Québec en double et en solo (4)
Après Ottawa, c’était le tour de Québec. Une première fois accompagné de l’instructeur et le lendemain en solo. Je vous raconte le deuxième étant donné la grande ressemblance des deux vols. J’ai préparé ma navigation quelques jours avant le vol. Il ne me manquait que la météo récente pour finir mes calculs de caps, de temps et de consommation de carburant. Une fois le tout complété, je me suis rendu chez Cargair pour rejoindre Loïc. Après avoir pris connaissance de mon tracé sur la carte VNC et de ma planification de route, il me donna le OK pour partir solo. J’ai déposé un plan de vol auprès de la FSS et je suis allé préparer l’avion pour le vol.
La journée était magnifique. Le soleil brillait dans un ciel sans nuage et le manche à vent était complètement mort. Une fois décollé, j’ai pris un cap vers l’Épiphanie qui était mon point de mise en cap. Tout en montant à 3,500 pieds, j’ai pris en note l’heure de passage pour calculer la vitesse sol et pour estimer l’heure d’arrivée à Trois-Rivières. Mes données étaient presque identiques avec celles du GPS donc tout allait bien. Entre Louiseville et Yamachiche, j’ai pris contact avec l’UNICOM de Trois-Rivières pour annoncer mes intentions, obtenir le calage altimétrique et connaître la piste en usage. La veille, avec Loïc, nous avions fait un posé-décollé sur la piste 23. Aujourd’hui je devais me poser sur la longue piste 05 dont le circuit se fait par la droite. J’ai posé les roues assez loin sur la piste pour m’éviter de rouler une longue distance sur la piste avant de sortir sur la voie de circulation située au centre. En arrêtant le moteur, j’ai pris le temps en note. 55 minutes s’étaient écoulées entre le départ du moteur à Mascouche et l’arrêt à Trois-Rivières. Un total de 45 minutes dans les airs. Après un coup de fil rapide à Cargair pour leur annoncer mon arrivée à Trois-Rivières, une petite escale aux toilettes s’imposait. En sortant, j’ai dû attendre quelques minutes pour faire signer mon logbook car le préposé de l’UNICOM s’était absenté. Une fois la précieuse signature obtenue, j’ai sauté dans l’avion pour le deuxième «leg».
Départ du moteur 16:10 zulu (11:10 local). Je circule «Bravo Charlie» jusqu’au seuil de la piste 05 et j’attends, car un avion était en finale. Une fois dégagé, j’ai aligné l’avion sur piste le temps de caler mon indicateur de cap et me voilà repartis dans les airs direction Québec. Une fois rendu à 3,500 pieds, j’ai écouté l’ATIS de Québec pour préparer mon entrée dans la zone de contrôle. Le message «Foxtrot» donna la piste 06 en usage avec opérations simultanées de la piste 30. À la hauteur de la métropole de Grondines (750 habitants), j’ai pris contact avec le Terminal de Québec sur la fréquence 124.00 Mhz. Le contrôleur me donna l’instruction de poursuivre jusqu’à Pont-Rouge à 3,500 pieds. Jusque-là rien de compliqué. Je poursuis mon trajet comme prévu. À la verticale de Pont-Rouge on me demanda de communiquer avec la tour sur 118.65 Mhz.
– Tour de Québec, GVXM avec l’information Foxtrot.
– VXM commencez votre descente et vous êtes autorisé en base gauche piste 06.
–Je commence la descente et autorisé en base gauche piste 06 VXM.
Bon super, tout va bien! Lorsque l’avion s’aligne tranquillement avec la piste, je tourne en finale. Je me rapprochais de plus en plus et je n’avais pas encore reçu l’autorisation d’atterrir. Pour être certain, je recommunique avec la tour.
– Tour de Québec GVXM.
– VXM autorisé à atterrir piste 06.
– Autorisé à atterrir piste 06 VXM.
Ouf! Je demande si je peux me poser loin sur la piste pour sortir sur la voie de circulation «Alpha», 6,000 pieds plus loin étant donné que je me rendais chez Petro-T, juste en face de cette voie et pour éviter de bloquer le trafic qui attendait pour décoller. Sans surprise, la tour autorisa ma demande. J’ai donc posé les roues à la moitié de la piste de 9,000 pieds et j’ai quitté rapidement sur «Alpha». Me voilà rendu, il est 17h00 zulu.
Le temps de faire signer mon logbook, donner un coup de fil à Cargair et d’ajouter une pinte d’huile au moteur, il est déjà l’heure de partir. Je démarre le moteur à 17h20 et je prends connaissance avec l’ATIS «Golf» qui m’indique que la piste 24 est est maintenant en usage. Après avoir fait mon point fixe sur le prolongement de la voie de circulation «Delta» et d’avoir pris une photo des deux CL-415 (avions citerne pour combattre les feux de forêts de Canadair), j’ai circulé sur «Echo» jusqu’au seuil de la piste 24. Je contacte la tour de Québec.
– Tour de Québec, GVXM sur echo à l’écart du seuil de piste 24.
– VXM, tour de Québec, resté à l’écart de la piste, Dash-8 en finale.
– Je reste à l’écart de la piste, VXM.
Au loin, je voyais les phares d’atterrissages d’un Dash-8 d’AirCreebec qui s’approchait. Après le passage de celui-ci, la tour me demanda de m’aligner sur la piste 24 et d’attendre. Le Dash-8 libéra la piste et on m’autorisa à décoller.
– VXM autorisé à décoller piste 24, faîtes un virage à gauche et ne dépassez pas 3,000 pieds.
– Autorisé à décoller piste 24, virage à gauche pas plus de 3,000 pieds, VXM.
Je mets pleins gaz et je décolle. À environ 1,200 pieds, je commence un virage à gauche.
– VXM, tour de Québec, maintenez 1,200 pieds pour l’instant.
– Je maintiens 1,200 pieds, VXM.
J’en profite pour prendre une photo de la ville qui se trouve à ma gauche.
– VXM poursuivez votre montée jusqu’à 3,500 pieds.
– Je poursuis jusqu’à 3,500 pieds, VXM.
Et voilà, le plus difficile était fait. Quelques minutes plus tard, on me transféra avec le terminal de Québec qui m’autorisa à monter jusqu’à l’altitude de croisière de 4,500 pieds. Après avoir quitté la zone du terminal de Québec, le contrôleur me transféra au Centre de contrôle de Montréal. Je suis donc resté sous surveillance radar pour tout le trajet du retour. À l’approche de Montréal on me transféra une fois de plus au Terminal de Montréal qui m’autorisa à commencer ma descente vers Mascouche un peu après St-Sulpice.
J’ai donc terminé mon voyage de retour à 18h50 zulu (un total de 1h10 dans les airs). J’ai laissé l’avion à côté des pompes à essence et je suis rentré rejoindre Loïc pour le debriefing du vol. À peine rentré, mon téléphone cellulaire sonna. C’était la FSS qui me demandait si j’étais toujours en vie. J’avais pris un peu plus de temps que prévu et ils étaient prêts à commencer les recherches de sauvetage. Oups! J’aurais dû les avertir de mon retard ou bien leur téléphoner tout de suite après l’atterrissage pour fermer mon plan de vol. Au moins, ça prouve que le système fonctionne bien...
J’ai adoré cette expérience. Il est certain que le fait d’avoir fait le voyage avec l’instructeur la journée d’avant m’a facilité la tâche, car je savais à quoi m’attendre. J’ai hâte de revivre l’expérience avec un trajet inconnu. À moins d’être complètement imbécile, il est pratiquement impossible de se perdre entre Montréal et Québec, on a qu’à suivre le fleuve. Mais faire un voyage entre Mascouche et La Tuque ou bien Mascouche et Val-D’Or représenterait un bon défi.
Une autre étape de mon entraînement est terminée. Il ne me reste qu’une bonne révision en zone d’entraînement avant mon pré-test en vol. Ouf ça va drôlement vite tout d’un coup!

Mon avion sur le tarmac de CYQB, avant de redécoller.

Deux beaux CL-415 de Bombardier, au repos.

Le Dash-8 d’AirCreebec en courte finale piste 24.

La ville de Québec qui s’étire sous mon aile gauche, peu après le décollage.
Posté le mardi 17 novembre 2009
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